La militarisation du SPVM se poursuit

En avril, on nous annonçait que le SPVM s’apprêtait à faire l’acquisition d’un camion blindé — il est arrivé.

Alors que tous se font dire de se serrer la ceinture, le SPVM s’offre un véhicule de 364 606 $ — jouet que le Journal de Montréal qualifie d’«engin de guerre».

La violence est partout en baisse, mais nos policiers, qu’on présente en braves héros, auraient besoin d’équipement militaire pour affronter l’occasionnel tireur fou ou — on s’en doute — les manifestations qui voudraient être plus qu’une simple parade. «Il ne faudrait pas attendre qu’un événement malheureux survienne pour agir», disait Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers de Montréal. «Les grandes villes nord-américaines s’équipent de plus en plus de blindés. Malheureusement, on est rendus là.» En effet, nous sommes rendus là — un état de guerre permanent où le public accepte qu’on lui retire ses droits au nom de la «sécurité».

«Ça fait cinq ans que les policiers du SWAT de Montréal en demandent un», lançait en avril Yves Francoeur. Le voilà votre blindé à 364 606 $, M. Francoeur. Sans doute que des décideurs s’affairent avec autant d’ardeur à répondre aux demandes de l’enseignante qui se plaint d’avoir à payer de sa poche les matériaux de base pour sa classe.

Certains citoyens s’inquiètent avec raison de la nouvelle acquisition du SPVM, qui sont, après les événements de l’an dernier, habitués de voir déferler dans les rues les policiers-militaires du SPVM. Lorsqu’on lui a demandé si le camion allait être déployé lors de manifestations, François Houle, commandant du SWAT, a laissé la porte ouverte:

Houle was asked whether it would be used in demonstrations similar to the massive protests carried out by students last year.

He responded that it would only be used where protection from ballistic weapons is required.

Connaissant le SPVM, on va commencer par l’utiliser pour se protéger des «ballistic weapons», mais tranquilement seront jugés assez menaçants les simples «projectiles». Rappelons que, l’hiver dernier, le SPVM avait justifié la violente répression d’une manifestation en disant qu’on lui avait lancé des projectiles — des balles de neige. Quand t’as un marteau, tout a l’air d’un clou…

__________

Radley Balko parle de son important livre Rise of the Warrior Cop:

Voir son entrevue avec Sam Seder pour une discussion plus approfondie.

Advertisements
This entry was posted in Police and tagged , , , , , , . Bookmark the permalink.

One Response to La militarisation du SPVM se poursuit

  1. Pingback: Journal du peuple #3 | À l'ombre des majorités silencieuses

Laissez un commentaire

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s